dimanche, 04 novembre 2007
Dunkerque : chez les commerçants du centre-ville, chacun voit midi à sa porte...
Chaque jour, à l'heure du déjeuner, on assiste à un drôle de manège : celui des magasins du centre-ville. Quand certains restent ouverts, d'autres tirent le rideau. Manque de personnel, de clientèle, habitudes dunkerquoises ? Les arguments sont nombreux.
Le débat ne date pas d'hier chez les commerçants du centre-ville. L'ouverture des magasins entre midi et deux, c'est une affaire personnelle. D'où cette disparité à l'heure du déjeuner. « On est tellement divisés !, avoue sans détour Éric Glucksman, président de l'association des commerçants et gérant des magasins Mango, Élite et Kookaï. L'ouverture le midi, sur le principe, c'est bien. À mettre en pratique, c'est autre chose. Les succursales des grandes enseignes ouvrent mais elles ont de grandes équipes. Pour les indépendants, c'est plus difficile. Ce sont souvent les personnes qui dirigent le magasin qui sont là et elles ont besoin de se nourrir. Chacun fait ce qu'il veut, comme il peut. On ne peut strictement rien y faire. » Confirmation de la Chambre de commerce et d'industrie : « On ne peut pas leur imposer des choses, reprend Dominique Naëls, directeur de la CCI. Et puis, est-ce que Dunkerque doit être comparé à d'autres villes comme Lille où les gens viennent de l'extérieur travailler et ne peuvent pas rentrer manger chez eux ? Les Dunkerquois sont plutôt intra-muros. »
D'autres prennent des initiatives, comme Véronique Bouyou, gérante du magasin Natalys. « À Dunkerque, on a un fort taux de personnes âgées ou qui ne travaillent pas. C'est bien, on les a déjà dans la journée mais, pour le dynamisme de notre ville, il est important d'attirer des cadres, des personnes du secteur tertiaire, des étudiants... Ceux qui restent là toute la journée. Lors de la pause déjeuner, ils viendront dépenser ici. Il y a un potentiel d'achat. » Elle a donc décidé d'ouvrir le midi : « Et ça marche ! J'ai du passage. Je fais des petites ventes. » Chez 1,2,3, on confirme : « Les dames des bureaux viennent entre midi et deux. Il y a pas mal d'avantages pour la clientèle : moins de monde, stationnement gratuit... On a des promeneurs, mais des acheteurs aussi. Et parfois, c'est du bon repérage ! ».
Le repérage, un argument aussi dans le camp « adverse » : « On ferme juste une heure et on est ouvert le vendredi, explique Patricia Bence, responsable de la boutique Édisac. Le midi, il n'y a pas énormément de monde. Ce sont plus des promeneurs qui entrent avec leurs frites, leurs sandwiches et avec notre belle marchandise... » Même l'idée de l'ouverture le vendredi midi n'a pas su convaincre unanimement.
Pourtant, certains le reconnaissent : « Vous allez toujours perdre de la clientèle à partir du moment où vous êtes fermé, avec les achats d'impulsion par exemple, avoue Philippe Bedel, de la bijouterie La Gerbe d'or. Mais pour nous, ça ne changera pas grand-chose. Les gens ne viennent pas farfouiller. C'est valable dans les magasins de la grande distribution. Mais, si vous avez repéré une bague chez nous, vous reviendrez l'acheter. » Il ajoute : « Le midi, on déjeune avec les enfants. C'est pénalisant quand on a une habitude mais on apprécie aussi ce côté familial. » •
CAMILLE RAAD
23:15 Publié dans Commerce & Distribution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dunkerque, commerce, distribution




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