jeudi, 01 novembre 2007

La candidature de Guy Lécluse est « un acte individuel » pour Wulfran Despicht (PS)

Secrétaire de la section dunkerquoise du Parti socialiste, Wulfran Despicht réagit à la démission de Pierre Yana.

> Le départ de Pierre Yana n’est pas une bonne nouvelle pour le Parti socialiste dunkerquois…
« C’est, pour moi, une déception personnelle et politique car il est un militant et un ami. C’est avec tristesse que j’ai appris son souhait de quitter le Parti socialiste pour rejoindre le Modem. Je constate, mais je n’ai pas d’idée particulière sur sa décision. »

> D’autres pourraient-ils suivre comme Pierre Yana le laisse entendre ?
« Je n’ai reçu aucune autre démission. Je ne veux en aucun cas croire que c’est un courant du Parti socialiste qui se rapprocherait aujourd’hui du Modem. La décision de Pierre est un acte individuel. »

> Et il se retrouvera face au PS dans cinq mois à l’élection municipale…
« J’ai cru comprendre qu’en l’espace de quelques jours, il avait découvert le Modem, puis y a adhéré, avant de prendre des responsabilités au point de viser la tête de liste. J’ai du mal à imaginer que des convictions politiques puissent évoluer aussi rapidement. »

31 octobre 2007 - La Voix du Nord

 

Dunkerque - Pierre Yana quitte le PS, rejoint le Modem, et confirme sa candidature pour mars 2008

> Qui est Pierre Yana ? - Né à Bône (Algérie) le 11 avril 1951, Pierre Yana a été enseignant au lycée Angellier à partir de 1975. Docteur ès lettres, il a beaucoup oeuvré pour la création de l’Université du littoral à partir de 1981 : « Sur ce projet, on a réussi le consensus dunkerquois avec Albert Denvers et Claude Prouvoyeur. » Directeur du centre universitaire de la Citadelle et du centre de recherches, il a été chargé de mission culturel de Michel Delebarre, de 1998 à 2001, lorsque ce dernier était président du conseil régional. Il est aujourd’hui maître de conférences à l’IAE de Lille et à Sciences po. Il est également président de l’Aéronef à Lille et président délégué du Bateau-Feu.
Il était « carté » au Parti socialiste depuis 1991. En fin de semaine dernière, il a démissionné pour entrer au Modem.

> Que cherche-t-il en se présentant à l’élection municipale de mars 2008 ?
Il dit être un peu dans la même logique qu’il y a vingt-cinq ans, quand il a défendu le projet d’une université sur le littoral. Aujourd’hui, il veut mener une réflexion sur l’avenir de la ville : «La situation sur l’agglomération dunkerquoise n’est pas dramatique, mais elle n’est pas bonne. On avance dans une impasse. Il y a de vraies inquiétudes sur l’avenir et il est nécessaire que la population s’empare du débat. Comment Dunkerque entre dans la mondialisation ? Que deviendra l’industrie, aujourd’hui peu créatrice d’emplois ? On doit travailler à une économie de services, à une économie du savoir. Je suis effaré de voir aujourd’hui que l’université, la ville, la CUD, le monde industriel s’ignorent. La culture est un pilier de l’économie du savoir, comment peut-on la développer à Dunkerque ? La santé est une véritable préoccupation, des études ont été faites, rendons-les publiques ! »

> Comment trouvera-t-il sa place dans la campagne ?
Le pari de Pierre Yana, qui estime que droite et gauche sont à Dunkerque « dans une logique d’affrontement, bloc contre bloc », est d’élever le niveau du débat. « Il n’existe pas, c’est pauvre, constate-t-il.Quand il y a des questions d’intérêt général, il faut savoir poser les armes. L’avenir de la ville pour les vingt prochaines années nous l’impose. On veut contraindre Michel Delebarre et l’UMP à se poser les bonnes questions. Parlons nous en dehors des murailles des partis. Tout le monde est un peu perdu sur la construction de l’avenir.
Nous, nous voulons faire confiance à l’intelligence des Dunkerquois, pas à leur docilité. Depuis votre article de samedi, je reçois beaucoup de messages : “
Bravo ! Tu as du courage. Enfin, ça fait vivre la démocratie.” Il faut faire passer un souffle d’air. »

> Trahit-il Michel Delebarre ou est-il envoyé en mission ?
« Je n’y vais pas en sous-marin. Comme nous tenterons de le faire dans de nombreuses communes du littoral, nous irons au bout. » Comprenez qu’il écarte un rapprochement avec qui que ce soit avant l’entre-deux-tours, ce qui ne l’empêchera pas « de proposer des rencontres sur les grandes thématiques aux autres partis. » Sur sa décision de quitter le navire socialiste, il ne comprendrait pas qu’on puisse lui en vouloir : «J’ai beaucoup d’estime et d’affection pour Michel Delebarre. Ce sont les gens perdus qui se raidissent. Si des gens en sont là, c’est misérable. S’il y avait une véritable vision de l’avenir, le Modem n’aurait pas vocation à être là… »

> Qui seront ses colistiers ?
« Il est trop tôt pour vous livrer les noms. D’autres strauss-khaniens me rejoindront. Je vois aussi revenir des déçus de la politique. L’occasion est belle de redonner ses lettres de noblesse à la politique. Je me sens très social-démocrate. Il faut que tout le monde se mette autour de la table. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. » •

1 novembre 2007 - La Voix du Nord